UN BRELAN D’EXCOMMUNIES  ; Léon Bloy.


Accompagné de : Une page d’histoire de Barbey d’Aurevilly  ; La goutte d’eau de Ernest Hello  ; Sagesse de Paul Verlaine.


Edition numérotée, 266 pages, quatre portraits photographiques, 14,5 x 20.

          Un volume en manière de panthéon. Pensez : Léon Bloy, Barbey d’Aurevilly, Ernest Hello, Paul Verlaine réunis dans les pages d’un même livre (ne manquent à l’appel que Charles Baudelaire, Chateaubriand – et quelques autres…)


          Mais, il faut reconnaître que c’est grâce à l’habituelle perspicacité de Léon Bloy que cette réunion dans l’excellence, qui devançait ce que l’histoire littéraire devait plus tard reconnaître, fut possible.


          Tout lecteur sérieux, tout lecteur soucieux de la production littéraire française de la plus haute qualité, de la relation entre art et catholicisme, entre poésie et Foi, se doit de lire ces pages écrites par Léon Bloy ; des pages qui étincellent toujours d’intelligence et de vérité, comme au temps où elles furent écrites.


          Acuité, clairvoyance, discernement, finesse, flair, habileté, intelligence, jugement, lucidité, pénétration, perspicuité, sagacité, subtilité… il n’est besoin que de lire les courts passages digressifs consacrés à Charles Baudelaire et à son œuvre pour se persuader que l’esprit (nous devrions dire l’Amour) de Léon Bloy possédait bien toutes ces qualités.


          Bloy nous présente trois auteurs véritablement catholiques, trois auteurs rejetés par les catholiques « officiels » par raison même de leur catholicisme. Cela peut paraître bizarre, mais que l’on se rappelle l’effroyable solitude de Notre Seigneur, rejeté par presque tous, au moment de sa passion.


          Nous ne présenterons pas les textes de Léon Bloy, car cela ne serait que pauvre redite à ce qui va suivre. Plutôt, nous avons choisi, pour le plaisir et l’enrichissement du lecteur, d’y joindre un écrit de chacun des auteurs étudiés.


          Du premier, Barbey d’Aurevilly, que Bloy nomme l’Enfant terrible, nous publions la nouvelle Une page d’histoire. Parfaite illustration du propos de Bloy, mais qui, telle une bouteille bercée par les flots entre les coques des lourds cargos amarrés aux tristes jetées, s’est échappée, par l’échelle du temps, du recueil des Diaboliques pour attendre la main chanceuse qui la rencontra. Si Bloy définit à juste raison l’aboutissement du Français dans la langue de Baudelaire, le maître en style de cette langue, juste avant cet aboutissement,  était, comme on pourra ici le constater, Barbey d’Aurevilly (c’est notre avis, et nous le partageons). De fait, il vaut mieux avoir une solide formation catholique pour comprendre ce qui se passe véritablement dans les pages écrites par Barbey d’Aurevilly.


          Du deuxième, Ernest Hello, Le Fou comme l’appelle Bloy, nous reproduisons La goutte d’eau, extrait de L’Homme, monument inspiré de perception et d’intelligence, qui, nous le répétons une nouvelle fois, devrait être lecture obligatoire pour les jeunes gens. La vapeur, le télégraphe électrique et la photographie prennent ici leur vraie valeur.


      Quant au troisième, Paul Verlaine, Le lépreux, nous publions dans son intégralité son long et surprenant poème d’offrande et de rédemption Sagesse, car, comme l’écrivait Bloy : C'est, assurément, une fameuse originalité d'être un poète catholique, mais c'en est une plus grande encore d'être ce poète quand on a écrit les Fêtes Galantes. Imaginez Watteau jeté en bas du chevalet de Cythère par l'ouragan d'une conversion et se mettant à peindre, de son pinceau prostitué, les sujets de Fiesole ou du vieux Memling, en pleurant d'amour.

 

 

36 euros + 8 euros de port AR.